Les historiens classent les dentelles en deux catégories, les vraies dentelles, celles faites à l'aiguille et aux fuseaux, et puis les autres, celles au crochet, en frivolité, en tricot, et les broderies à jours. La différence principale entre ces deux formes d'art tient de la structure du travail, sa finesse, sa fluidité et sa délicatesse qui caractérisent habituellement les vraies dentelles.
Il est présentement impossible de trouver l'origine de la dentelle aux fuseaux. Certains en voient la naissance en Belgique, d'autres optent pour l'Espagne. Il en est autrement pour la dentelle à l'aiguille.La broderie à jours de Venise serait l'ancètre de la dentelle. Il y eut de moins en moins de tissu de soutien dans cette broderie, jusqu'à l'éliminer complètement. A l'apogée de son développement, la broderie Reticelli ne gardait que la base géométrique du tissu de fondation. Les découpages étaient alors remplis de points à l'aiguille faits de motifs compliqués... la dernière étape avant le passage à la vraie dentelle.
Découper autant de tissu pour ne garder qu'un mince réseau de fils n'en valait pas la peine. Il valait mieux commercer par coucher quelques fils de fondation et travailler les motifs directement à partir de ceux-ci. Des fils supplémentaires étaient ajoutés en même temps que les fils de remplissage. Ainsi, toute la dentelle était créée en même temps. La toute première dentelle fut nommée Punto in Aria, littérallement points dans les airs.
Les dentelles restèrent assez géométriques jusqu'au 17e siècle. Aussi, il n'y a pas tellement de différences entre la broderie Reticelli et la toute première dentelle Punto in Aria. Les premiers livres de patrons de dentelle étaient principalement écrits par des hommes. Ces livres étaient destinés à des femmes de la haute société. Le manque d'informations dans ces livres de patrons suggère que ceux-ci étaient destinés à des dentellières professionnelles. Par contre, les travaux de dames incluant les techniques de travaux d'aiguille, il est fort probable que les femmes de la maison, autant les bourgeoises que leurs servantes, participent aux dentelles nécessaires pour la famille, sous la supervision de la maitresse de maison. Les dentelles étaient aussi produites dans les couvents, les hospices et d'autres institutions, aussi bien que par les couturières et les gens travaillant dans l'industrie textile. La base pour l'utilisation des institutions religieuses et des membres de la classe la plus pauvre était déjà bien en place.
La raison de la création de la dentelle aux fuseaux est plus facile à déterminer que son origine. Qu'elle vienne de Venise ou des Flandres, les deux régions avaient de grandes ressources en lin et le fil était filé dans la région. La main d'oeuvre bon marché ne manquait pas non plus, ni la structure commerciale pour écouler la production. Il est même possible que les deux régions aient vu naître la dentelle aux fuseaux en même temps puisque les conditions du milieu étaient similaires.
La première raison d'être de la dentelle aux fuseaux était la création de galons pour la passementerie. Ces rubans de soie et galons de métaux précieux servaient d'ornements pour bien des vêtements et d'autres usages. Des épingles étaient nécessaires pour retenir la dentelle en place pendant que le travail progressait. Les fils dispendieux étaient retenus par des pesées (de bois, os ou métal) pour empêcher qu'ils ne s'emmêlent. Il ne fallait pas beaucoup d'imagination pour passer des pesées aux fuseaux.
La date exacte de la première dentelle aux fuseaux n'est pas connue. Il est certain qu'elle existait déjà autant en Flandres qu'à Venise vers 1520. Des portraits datant de cette époque montrent des gens habillés de dentelle aux fuseaux, ainsi que de dentelle Punto in Aria ainsi que de broderie Reticelli.
Venise publia bon nombre de livres de patrons de dentelles, car c'était un des piliers de l'imprimerie. Certains historiens attribuent l'engouement pour la dentelle à la diffusion de ces livres.
Au milieu du 16e siècle, la dentelle aux fuseaux avait conquit toute l'Europe, tout en conservant sa meilleure réputation quant à sa fabrication à Venise, en Flandres puis en France. La dentelle anglaise eut plus de difficulté à s'implanter au point de vue commerciale. Bien qu'elle ait été très prisée pendant la grande période de la dentelle, dont la production à Honiton, elle n'a jamais su garder la faveur du public pendant les époques où la dentelle était moins courue.
Aiguille, dentelle à l'
La technique de base pour toutes les dentelles à l'aiguille est la même. Le dessin est d'abord fait sur une pièce de lin et celle-ci est mise sur un tissu de soutien. Des fils de support sont tendu sur les lignes du dessin, traversant les deux épaisseurs de tissu. Le motif est ensuite rempli de rangées de points de feston et à chaque fin de rang, le fil est passé sur le fil de soutien. Des motifs séparés sont joints avec des barrettes ou un filet de points de feston. Souvent, un cordonnet de points de feston entoure la dentelle et ce cordon peut aussi être décoré de picots. Une fois la dentelle terminée, les fils de soutien sont coupés.
Anvers, dentelle d'
Le motif de cette dentelle aux fuseaux Belge fut développé au 17e siècle mais celui-ci changea considérablement aux 18e et 19e siècle. Il a été fortement influencé par le style baroque des pots et des urnes de fleurs. Le motif le mieux connu est le vase à deux anses débordant de fleurs (surtout des tulipes ou des lis à longues tiges). Le terme ''Potten Kant'' signifie ''dentelle du pot''. C'était une dentelle sans grande classe, en continu, avec un cordon non filé de taille variable. Le filet de fond était surtout le Point de Paris, mais aussi le cinq trous. Cette dentelle, qui faisait fi de toutes les modes, car elle était utilisée par la classe moyenne qui ne pouvait se permettre le luxe de changer ses dentelles très souvent, devint avec le temps une tradition Belge, surtout qu'elle a du corps et elle est très durable.
Application d'Angleterre
Le patron de cette dentelle est fait aux fuseaux et appliqué par la suite à un filet tout fait. Contrairement aux dentelles faites entièrement sur fuseaux, celle-ci n'est pas réversible car elle est posée sur le filet plutôt que d'en faire partie. Les points d'attaches (point d'esprit) ne sont qu'enfilés sur les deux épaisseurs, comme sur la broderie sur tulle ou sur filet. C'était un susbtitut économique à la dentelle aux fuseaux à la fin du 19e siècle.
Appliqué Carrickmacross
Dentelle irlandaise du 19e siècle qui combine des pièces faites aux fuseaux sur un fond fait à la machine. Les motifs aux fuseaux sont soulignés par un cordon cousu à la machine à coudre, de petits espaces sont entièrement coupés pour être ensuite remplis à l'aiguille. Ainsi toutes les techniques se rejoignent dans la même pièce : le travail à l'aiguille, aux fuseaux et à la machine.
Argençon, dentelle d'
Dentelle à l'aiguille originaire de la ville d'Argençon, en France et qui fut très à la mode du début au milieu du 18e siècle. Reconnaissable à son fond en filet d'hexagones couvert de points de grébiche, cette dentelle est similaire au ''Point d'Alençon'' et, elle aussi, au départ était appelée ''Point de France''. Les motifs sont plus grands et plus audacieux que l'Alençon et de nos jours, elle est surtout faite à la machine.
Arménienne, dentelle
Faite à Chypre, en Turquie et en Grèce, cette dentelle deux fois millénaire est travaillée avec un noeud spécial qui la différencie de toutes les autres dentelles. Une autre différence vient de la technique. Alors que les autre dentelles sont formées avec l'aiguille pointant vers la dentellière, celle-ci se travaille avec l'aiguille pointant à l'opposé de la dentellière.
Aurillac, dentelle d'
Située dans le Cantal, au sud de l'Auvergne, la ville d'Aurillac est célèbre pour ses dentelles. En 1665, elle figurait sur la liste des manufactures royales établies par Colbert ; on y fabriqua alors pendant une dizaine d'années des points de dentelle à l'aiguille appelés ''Points de France''. Cette technique n'atteignit cependant jamais le degré de perfection obtenu dans d'autres manufactures, celle d'Alençon par exemple.
Héritière en revanche d'une riche tradition régionale dans le domaine du travail aux fuseaux, Aurillac assura tout naturellement sa réputation avec la production d'ouvrages d'or et d'argent. Malgré leur qualité, ils souffrirent de l'utilisation du terme ''Point d'Espagne'' qui désignait à l'époque toute dentelle d'or et d'argent, quelle qu'en fut sa provenance. Seuls les intendants royaux mentionnaient le ''Point d'Aurillac'' dans leurs rapports sur l'état de l'industrie dans les provinces. Le fait que le public ignorait que ces dentelles provenaient d'Aurillac a sans doute contribué au déclin de la production de cette ville. Après son heure de gloire sous le règne de Louis XIV, Aurillac a produit à une très petite échelle des dentelles d'un style probablement peu différencié de celui du Puy, jusqu'à la Révolution.
Bayeux, dentelle de
Préparée à partir de fils de soie noire, c'est une dentelle aux fuseaux. Plus la dentelle est large et complexe, plus il faut de fuseaux. La dentelle se réalise en suivant des lignes tracées et des points codés sur un carton piqué et fixé sur un métier. Pour assembler plusieurs bandes de dentelles, on utilise le point de raccroc, point invisible réalisé à l'aiguille. C'est une dentelle au dessin figuratif, à dominante de décors floraux, avec des motifs architecturaux tirés de l'ornementation classique : perles, rais de coeur, godrons, feuillages stylisés (acanthes, palmettes,...) coquilles, vasques, entrelacs.
Elaborée à partir des dentelles qui se fabriquaient dans la région de Paris et de Chantilly, la ''Dentelle de Bayeux'' a pris véritablement forme dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, pour devenir un style à part entière au 19e siècle. La dentelle de Bayeux permet des motifs ombrés et des décors très riches. Les dentellières d'aujourd'hui créent des motifs contemporains. Les points : la grille, grille Cantille, toile et mat, fond vitré, fond chant, fond alençon, pointignans.
Bedfordshire, dentelle du
Dentelle aux fuseaux créée au 17è siècle dans les Midlands anglais, inspirée par les dentelles du 17e siècle. C'est une dentelle droite avec des picots, des feuilles et des bordures, et les motifs sont habituellement joints avec des barrettes de fils tressés. Elle a complètement changée au milieu du 19e siècle avec l'arrivée des machines qui permettaient de travailler plus vite sur le filet que la dentelle faite à la main.
Binche, dentelle de
Cette dentelle aux fuseaux belge est une fine bordure droite avec un dessin de points éparpillés, sur un fond de neige et d'yeux de perdrix mais cela ne signifie pas nécessairement qu'elle était faite à Binche, car ces détails existaient aussi sur d'autres dentelles, comme la Valencienne au 18e siècle. L'appellation de ''Binche'' est donnée lorsque les points sont de densités variables. On y retrouve aussi des trous minuscules autour des motifs pleins. Elle est très difficile à travailler car elle nécessite une quantité appréciable de fuseaux et le fond change en même temps que les motifs.
Blonde de Catalogne, dentelle
C'est une dentelle aux fuseaux pour les bordures, faite en fils de soie. Les dessins sont placés de telle sorte qu'ils produisent un effet d'ombre et de lumière par la densité des points. Des fils noirs et blancs, dorés ou argentés ainsi que des fils de couleur (tous en soie) étaient utilisés. Les motifs représentaient autant des fleurs que des paysages et des personnages. et les dessins étaient remarquablement grands, pour convenir aussi aux éventails.
Bologne, dentelle de / Ars Aemilia, dentelle
Bologne, en Italie, fut le berceau d'une dentelle à l'aiguille autrefois célèbre par sa finesse et la variété de ses motifs. Tombé dans l'oubli, cet art fut relancé à la fin du 19e siècle par la Société Ars Aemilia qui lui donna son nom. Ni incrustée, ni intégrée au tissu de base, la dentelle Ars Aemilia se construit de façon autonome, sur une grille de fil à broder et ses motifs ont habituellement quelques centimètres (2 ou 3) de largeur.
Brabant, dentelle de
Une dentelle aux fuseaux du 18e siècle composée principalement de larges festons et de motifs audacieux et extravagants. Il reste peu d'exemples de cette dentelle car le fil utilisé était de piètre qualité.
Bretonne traditionnelle, dentelle
Le nom ''Dentelle bretonne'' s'applique aux coiffes, manchettes, et cols ou guimpes, qui sont dans la majorité des cas brodés par transparence sur du tulle de coton, et souvent entièrement redécoupé, c'est-à-dire que tout le tulle est enlevé ne laissant que les motifs reliés par des points d'araignée.
Brésilienne, dentelle au filet
La dentelle arriva au Brésil avec les premières portugaises qui vinrent autant des Iles de Madère, des Açores que du Portugal. Les hommes étant pêcheurs, les femmes avaient leurs propres ''filets'' pour les occuper. La dentelle au filet d'Alagoas, au nord du Brésil, est faite par le couple, l'homme montant le filet de base, la femme le remplissant de motifs géométriques et floraux.
Brésilienne, dentelle aux fuseaux
La plus connue des dentelles brésiliennes aux fuseaux est la ''Renaissance'' aussi connue sous le nom ''d'Irlandaise'', du village de Pesqueira dans la province du Pernambuco.
Bruges, dentelle de
Développée après les guerres Napoléonniennes, la dentelle de Bruges (de la ville belge du même nom) est une simplification de la Duchesse, avec du fil plus épais et sans le cordonnet. Cette dentelle blanche à fils coupés ne sert pas aux parures de vêtements, mais comme appliqués et napperons.
Aujourd'hui, cette dentelle est populaire car elle est simple et utilise peu de fuseaux (comparativement aux autres). Elle est composée de fleurs à tiges souples réalisées en points de toile et de grille, avec peu de remplissages. Les tiges des fleurs forment des entrelacs qui se connectent aux fleurs et aux feuilles. Ces fleurs sont raccordées entre elles par des brides et des pointons et un cordonnet les entoure parfois.
Bruxelles, dentelle de
Dès le 16e siècle, Bruxelles produisait une superbe dentelle aux fuseaux en non-continu, c'est-à-dire dont les motifs étaient faits séparément puis joints par un réseau. Cette dentelle se caractérisait par le travail en relief autour des pétales, feuilles et autres motifs. Le filet de base à cinq trous fut par la suite remplacé par un fond carré ou rond tressé.
Bucks Point, dentelle
Une dentelle aux fuseaux Anglaise des Midlands de l'est, qui fut faite dans plusieurs comtés dont Buckinghamshire. Traditionellement, la dentelle Bucks était faite en coton fin ou en fils de soie (mais pas aussi fins que ceux de la dentelle Honiton) et les motifs sont souvent soulignés d'un cordonnet de soie. C'est une dentelle au mètre, ce qui veut dire que la largeur totale est faite à la fois, ce qui requiert beaucoup de fuseaux, mais cela permet de faire de longs lacets sans raccord. Le carton est fait sur une grille à 60 degrés et pour faire des coins, il ajouter des fils pour tourner, ces fils seront enlevés par la suite.
Burano, dentelle
Cette dentelle à l'aiguille est étroitement liée à la dentelle d'Alençon, mais avec une touche italienne très personnelle. Son nom vient de l'île de Burano, près de Venise. Les exemples qui nous sont parvenus datent en moyenne de la fin du 19e et du début du 20e siècle.
Burato, dentelle
Cette dentelle à l'aiguille est l'une des plus anciennes. Elle est constituée de motifs travaillés séparément puis cousus par-dessus un filet en grillage carré. Sa caractéristique la plus évidente est son filet de fond torsadé dans une direction et un seul fil dans l'autre sens.
Caen, dentelle blonde de
Précieuse, fragile et lumineuse, c'est une dentelle fabriquée à partir de fil de soie floche et de fil de soie très fin, qui permet de donner une brillance particulière aux feuilles et aux fleurs, en créant une surface presque lisse sur laquelle la lumière se reflète. C'est une dentelle destinée à la confection de hauts volants, de cols, de châles.
Carrickmacross, dentelle au crochet
La plus vieille dentelle d'Irlande, appréciée dans la première moitié du 19e siècle. Elle était faite au crochet, sur un fond de tulle. Le tulle était par la suite découpé puis le motif décoré avec différents points de broderie. Traditionnellement la rose et le shamrock étaient les motifs les plus populaires.
Carrickmacross, dentelle aux fuseaux
Cette dentelle à l'aiguille se développa au début du 19e siècle. Elle se compose d'appliqués en organdi sur un fond de filet. Les motifs simples et essentiellement floraux doivent avoir un contour continu, de façon à pouvoir couper l'excédent d'organdi une fois les motifs remplis et la bordure appliquée. Les motifs sont réunis (pour faire le contour) avec des brides en cordonnets de coton et les broderies sont en coton d'Alsace.
Chantilly, dentelle
Cette dentelle aux fuseaux originaire de France est faite de soie. Ses motifs consistent habituellement de vases, de paniers de fleurs et de combinaisons élaborées de fleurs, de graminées et de feuilles. Les dentelles modernes, à la machine sont encore plus belles que celles d'époque, faites main, mais curieusement, plus aucune dentelle n'est fabriquée à Chantilly.
Cheveux, dentelle en
Jusqu'à l'époque &Éacute;lisabéthaine, peu de dentelles étaient employées, puis lorsqu'elles devinrent populaires, elles étaient aussi très dispendieuses. En plus des dentelles en coton, en lin et en soie, les cheveux des femmes étaient aussi utilisés. Les femmes aux cheveux gris coupaient leurs longues tresses pour la création de fines dentelles aux fuseaux et à l'aiguille, la dentelle au crochet n'ayant pas encore été inventée. Notez qu'à cette époque, les dentelles aux fuseaux ne dépassaient pas 3 pouces de largeur.
Chinoise, dentelle
La dentelle aux fuseaux fut introduite en Chine par les Syriens. La technique est la même que pour les dentelles Vénitiennes mais les fils et les motifs leur sont habituellement inférieurs. Lorsque des matériaux de qualité sont utilisés, ainsi que de beaux modèles, la dentelle chinoise est excellente. Les motifs typiques sont les papillons en demi-point.
Cluny, dentelle
Cette dentelle aux fuseaux fut développée dans la seconde moitié du 19e siècle, inspirée d'échantillons datant du 16e siècle. Ce genre de dentelle se caractérise particulièrement par ses rosaces en points d'esprit. Des cordons de quatre fuseaux appelées ''tresses'' sont garnies de pointons et se croisent entre elles pour former le fond. C'est une dentelle à fils continus, souvent très ajourée, comprenant des dessins géométriques en points de toile et de grille. Parfois elle est garnie d'une soutache réalisée à trois fuseaux que l'on appelle ''point de Venise'' et qui constitue un relief différent et très joli. Elle est habituellement composée de fils de lin rudes et sert à agrémenter les nappes et la literie. Ses motifs sont très répétitifs.
Coggeshall, dentelle
Cette dentelle au tambour est la contrepartie Anglaise de la broderie au Point de Beauvais Française. Elle était faite à l'aide d'un crochet, dans la première moitié du 19e siècle, alors que les machines créaient le filet indispensable pour monter et regrouper les motifs.
En 1782, un italien du nom de Luigi Ruffini établit un atelier près d'Edimbourg, qui donna lieu à une production massive de "mousseline fleurie" (d'autres noms existent aussi). La technique fut introduite en Angleterre par Monsieur Dago en 1910.
Coraline, dentelle
Dentelle à l'aiguille Vénitienne à motifs plats, une version plus simple de la dentelle à l'aiguille ''Point Plat'', alors que les remplissages sont limités par la forme et non le nombre.
Courseulles, dentelle de
C'est une dentelle en soie polychrome, réalisée aux fuseaux. C'est une technique unique au monde : la dentellière enroule sur un même fuseaux des fils de couleurs différentes pour obtenir des nuances de couleur, ainsi que le ferait un peintre sur sa palette. C'est le dentellier Robert, qui, en 1897, demanda au peintre Félix Aubert de réaliser des dessins colorés qui serviront de base à des dentelles ornées de différentes fleurs colorées.
Crin, dentelle en
Datant du 15e siècle, cette dentelle à base de crin de cheval, raide et de travail simple, fut à la mode dans plusieurs pays européens jusqu'au début du 20e siècle, mais peu de dentellières la travaillent encore. Cette dentelle était noire ou blanche, dépendamment de la race de chevaux utilisée. Certaines de ces dentelles employaient également des fibres végétales ou de la paille pour donner de la couleur à l'ensemble.
Crochet à la fourche
Cette technique devint populaire pendant l'époque victorienne, comme substitut économique à la dentelle Vénitienne. Travaillé sur un support en U et à l'aide d'un crochet à tricot, le résultat est une dentelle douce et légère utilisée principalement dans la confection de châles, napperons (doilies), afghans, bordures de tricot et vêtements de bébés.
Filet
C'est une très vieille technique, datant du début du 14e siècle, souvent appelée la dentelle des couventines, parce qu'elle était apprise et réalisée dans les couvents, en France, Italie, Espagne et Portugal. Il ne faut pas la confondre avec les insertions cousues sur du filet fait à la machine. Dans ce cas-ci, toute la dentelle est faite à la main, même le filage des fils. Un carré d'un centimètre prend environ une quinzaine d'heures à réaliser avec du fil fin. Les motifs sont travaillés au point de reprise et au point de toile, sur une base en filet sans noeuds, en fil de lin.
Flamande, dentelle
Cette dentelle aux fuseaux, qui a vut le jour au 17e siècle, se retrouve sous plusieurs formes, l'une ressemblant à la dentelle de Gènes avec ses répétitions de festons peu profonds qui de développent en éventail. Une autre forme a des festons profonds faits de cercles pleins. Au 18e siècle, cette dentelle évolua vers la dentelle de Milan, sa contemporaine, et se fondirent en une seule dentelle.
Flandres, dentelle des
Très similaire aux dentelles Valencienne et Malines (Mechlin), cette dentelle aux fuseaux comporte un filet à 5 trous.
Fond de Rose, dentelle
Dentelle développée dans la seconde moitié du 19e siècle, et inspirée d'exemples de dentelles du 16e siècle. C'est avant tout un fond pour la dentelle de Cluny et la bordure est travaillée en doublant les bobines (4 bobines servant comme 2), dans un mouvement de moulin à vent.
Frivolité
Dentelle faite à une ou plusieurs navettes, sans support. Contrairement à la dentelle aux fuseaux, qui nécessite un patron sur carton et des épingles pour retenir les fils, la frivolité est un ensemble de noeuds et de picots, qui se tient dans la main comme le tricot.
Fuseaux, dentelle aux
La dentelle aux fuseaux est un art dont les origines remontent loin. Les Italiens furent les premiers à l'introduire en Europe au 15e siècle. De nos jours, on reproduit encore leurs motifs traditionnels, mais de nouveaux motifs très originaux sont apparus avec l'arrivée de nouvelles fibres, de plus gros fils à tissage serré accompagnés de plus gros fuseaux. La technique consiste à entrelacer un certain nombre de fils mis auparavant sur des fuseaux.
Gènes, dentelle de
Dentelle aux fuseaux italienne développée au 16e siècle, elle imitait les triangles rigide de sa contemporaine, la dentelle 'Punto in Aria'. Quand la mode changea pour des cols en bandes molles, elle suivit le courrant et opta pour des bords plus arrondis et fut travaillée dans des fils plus épais, et dans des motifs plus denses (et donc plus lourds). Cette dentelle devint complètement démodée vers le milieu du 17e siècle.
Gros Point, dentelle / Gros Point de Venise, dentelle
Dentelle à l'aiguille Vénitienne à motifs en relief, dépassant 50 mm en taille, avec un cordonnet matelassé de picots. La technique ressemble un peu au Reticello mais les pièces sont faites séparément, puis assemblées par la suite.
Guipure / Passementerie
C'était au 17e siècle une dentelle à l'aiguille faite sur parchemin ''Cartisan'' et couvert de fils de soie, de fils d'or et d'argent. C'est devenu avec le temps autant une dentelle aux fuseaux qu'à l'aiguille et comporte trois systèmes de fils dont des attaches et des brides. Elle est travaillée soit avec du fil de coton ou du fil de soie recouvert de fils métallisés (or ou argent, vrais ou faux).
Guipure Carrickmacross
Dentelle d'origine irlandaise, mais qui a été reproduite dans d'autres pays. Des cordonnets soulignent des motifs faits aux fuseaux et le surplus de tissu est ensuite découpé. Ces motifs sont ensuite joints avec des barrettes dans le style guipure et des remplissages sont effectués à même les fleurs et les feuilles des motifs. Le tissu de base est assez rigide.
Halas, dentelle
Cette dentelle Hongroise, dont les origines remontent au début du 20e siècle, est constituée d'un ruban de toile en continu tordu et tourné pour créer le motif complet. Les tours de lacets sont ensuite réunis soit par des points de couture ou en filet réseau (tissage à l'aiguille et non aux fuseaux). Cette nouvelle technique de dentelle toute originale ne nécessite qu'une aiguille, du fil et un patron en papier. Au départ, les motifs étaient très colorés. Depuis 1935, les modèles sont uniquement en blanc. Pour éviter les copies, un logo comprenant trois poissons ornent tous les Halas originaux.
Hedebo, dentelle
Bien que la plupart des motifs commerciaux trouvés présentement font référence à la broderie du même nom, il existe une forme raffinée qui se travaille comme la dentelle ''Punto in Aria'' (voir ce nom), et qui mérite le nom de dentelle. Cette dentelle sert surtout à faire des galons ou s'associe la technique de broderie Hedebo pour de plus grandes pièces, la dentelle servant de bordure.
Hollandaise, dentelle
Cette dentelle à l'aiguille n'est plus tellement fabriquée de nos jours et les exemples qui nous sont parvenus proviennent du 17e siècle. Elle a l'air assez épaisse et solide mais pas grossière ni rigide. Elle était faite de fils de lin très fins, filés très épais et travaillée en motifs très rapprochés. Le dessin traditionnel semble être des bouquets ronds et compacts de fleurs, sans tiges, ni feuilles.
Honiton, dentelle
Cette dentelle à l'aiguille est nommée d'après la ville anglaise dans le comté du Devon. Cette dentelle est traditionnellement faite avec des fils très fins, sur lin puis sur coton, et se compare aux dentelles flamandes autant pour le style que pour la forme des motifs. C'est une dentelle à motifs séparés et les pièces sont assemblées par coutures. Les motifs sont surtout des roses, des papillons et des chardons, avec des points de remplissage différents; il n'y a pas de bordure en cordonnet mais on y retrouve le roulement des feuilles et la couronne soyeuse des broderies de Bruxelles (Point d'Angleterre). Comme pour certaines dentelles Irlandaises, les motifs étaient travaillés par des personnes différentes, ce qui permettait une exécution plus rapide des châles, collets, etc.
Hongroise, dentelle
Cette dentelle est créée à partir d'un ruban fait aux fuseaux et de double brides picotées. C'est une dentelle symmétrique, robuste mais de bonne qualité.
Idrijan, dentelle aux fuseaux
Cette dentelle provient d'une ville de Slovénie appelée Idrija. Elle a vut le jour vers 1870 et était faite à partir de sept paires de fuseaux. Elle ressemble beaucoup à la dentelle de Milan. La dentelle Idrijan est maintenant enregistrée comme marque commerciale et de grands efforts ont été entrepris pour préserver cet héritage national.
Irlande, dentelle d', ou Dentelle irlandaise
Cette dentelle se travaille avec du fil très fin et un crochet minuscule. Les motifs sont faits séparément puis ajoutés à un fond en filet. D'origine française et Vénitienne, elle a été adaptée en Irlande dès le 16e siècle et pendant la grande famine, elle devint un moyen de subsistance très apprécié des familles. Certaines femmes ayant plus d'habileté pour un motif en particulier, elles se spécialisaient ainsi, et les motifs étaient ensuite réunis, feuilles, fleurs, etc. La dentelle Limerick est la plus connue, la Youghal (ou Yougal) la plus rare, et la Carrickmacross la plus ancienne.
Kenmare, dentelle
Cette dentelle à l'aiguille Irlandaise est faite sur un tissu de fond, habituellement vert car plus aisé sur les yeux et plus contrastant avec les fils. Les premiers éléments à être mis en place sont les contours des motifs, en cordonnet. Les motifs sont ensuite remplis et soutenus par ces cordonnets. Les points de remplissage sont des points ornementaux tirés d'anciennes dentelles à l'aiguille françaises et vénitiennes, bien que certains points soient strictement d'origine locale. Une fois la dentelle complétée, le tissu de fond est retiré.
La Perrière, filet de
Il s'agit de mailles carrées, nouées aux angles et moulées sur des formes en bois, en ivoire ou en acier. Le fil est embobiné autour d'une navette (ou aiguille à filocher). Le décor du filet se fait en remplissant certaines mailles en fonction d'une grille préalablement dessinée. &Éacute;galement La Perrière s'est fait aussi connaitre par le filet brodé de perles, bordé de galon et de pampilles.
Lille, dentelle de
Créée à la fin du 18e siècle, elle devint de plus en plus légère et gracieuse, permettant ainsi son utilisation sur des vêtement froncés. Cette dentelle aux fuseaux a été faite autant en Scandinavie qu'en France et partout ailleurs en Europe, la Belgique en produisant une très grande quantité. Elle est bâtie sur un fond simple réseau.
Limerick, dentelle
Cette dentelle d'origine Irlandaise est l'une de leurs plus célèbres. C'est une dentelle à l'aiguille et au crochet faite sur tambour. Les points utilisés sont le point satin, le point de chaînette et une variété de points tirés.
Luxeuil, dentelle de
Variante de la dentelle Renaissance. Un lacet de lin ou de coton, tissé à la machine, est fixé sur un patron de toile cirée sur lequel un dessin est déjà tracé. Puis, il suffit de réaliser des brides entre les lacets, c'est-à-dire des raccords à l'aiguille constituant le remplissage. Cette dentelle est appelée ''mi-main'' parce que le lacet qui la constitue est mécanique et l'assemblage est fait à la main.
Malines, dentelle de
Cette dentelle aux fuseaux Anglaise presque transparente a été enregistrée dès 1657. Presque identique à la dentelle Valencienne avec un ''fond de neige'' et des remplissages ''oeil de perdrix'' mais elle comporte en plus un cordonnet satiné. On note aussi l'absence de la rangée de petits trous autour des motifs. Le filet de Mechlin est formé de deux fils tressés tourné 2 fois sur les 4 côtés et de 4 fils tressés trois fois sur les deux autres côtés, donnant un filet d'hexagones.
Malte à l'aiguille, dentelle de
Les dentelles à l'aiguille des îles de Malte et de Gozo trouvent leurs origines au 16e siècle. Les épis de blé très larges avec le bout très pointu sont les caractéristiques principales de cette dentelle. Puis le fil de soie blanchi fit son apparition vers 1900 et la dentelle à l'aiguille fut remplacée par celle aux fuseaux, qui se travaillait plus vite.
Malte aux fuseaux, dentelle de
La dentelle aux fuseaux fit son apparition dans les îles de Malte et de Gozo vers le milieu du 19e siècle. La technique italienne fut adoptée, avec les anciens modèles des dentelles à l'aiguille. Un des traits particuliers de cette dentelle est le fil de soie de couleur de miel chaud, une importation espagnole et aussi du fil noir (qui ne se trouve plus). Plus tard du lin fut aussi employé pour les dentelles réservées au linge de maison. Le motif le plus distinctif est la croix de Malte à 8 branches. On retrouve aussi les mêmes épis de blé que sur la dentelle à l'aiguille qui la précéda. Les motifs de Gozo sont plus tourbillonnants que ceux de Malte.
Mezzo Punto, dentelle
Cette dentelle aux fuseaux italienne, qui date du 17e siècle, utilisait un ruban tissé ou un ruban à fuseaux qui était plié et fixé sur le carreau. Elle imitait les dentelles fines à l'aiguilles mais ne les surpassa jamais.
Milan, dentelle de
Cette dentelle aux fuseaux fut faite du 17e jusqu'à la fin du 18e siècle à Milan, en Italie. Contrairement à la dentelle de Gènes qui ne servait qu'à faire des bordures, celle-ci fut employée pour faire des ornements prétencieux, des cols complets ou des tabliers. Ses motifs sont essentiellement floraux et d'un style plus délié.
Miracourt, dentelle de
Développée à la fin du 19e siècle, cette dentelle est très similaire aux dentelles Duchesse et Bruges, avec la différence notable d'un cordon très épais sur les contours.
Nanduti, dentelle
Cette dentelle a été développée dans les Iles Canaries et en Espagne puis s'est répandue dans toute l'Amérique du Sud. Celle-ci du Paraguay, se nomme Nanduti. Elle se commence comme une toile d'araignée, avec des fils tendus sur une circonférence, puis les espaces entre ces fils sont remplis à l'aiguille. Les plus beaux exemples datent du début du 20e siècles, mais cette dentelle est encore produite de nos jours, même si elle n'a plus la qualité des anciennes.
Organdi, dentelle d'
Dentelle très aérée utilisée sur un fond de tulle, principalement pour les robes de mariées. On la retrouve fréquemment ornée de perles synthétiques pour rehausser son éclat.
Pag de Croatie, dentelle
Cette dentelle à l'aiguille est née et est encore produite dans la ville de Pag, sur l'île de Pag, en Croatie. Avant 1880, cette dentelle était vendue comme provenant de Grèce, d'Autriche ou d'Italie. Elle est faite avec une simple aiguille à repriser, sans plan prédéfini. Sur un coussin, un cercle est défini puis de petits trous sont faits, à quelques millimètres de distance, dans lesquels huit fils sont tirés diagonalement du cercle. Quand la base est terminée, de petits cercles ou triangles (mendulice) sont faits à partir du cercle. Le diamètre normal d'une telle dentelle est habituellement de 20 cm. Cette dentelle est ferme comme si elle avait été empesée et elle peut être lavée sans perdre sa rigidité.
Péruvienne, dentelle
Le plus vieil exemple de dentelle en filet découvert en Amérique pré-colombienne date de la période Chancay, 1100-1350 avant notre ère.
Picot Bigouden
Ce picot est une broderie Irlandaise qui fut amenée par des religieuses en Bretagne (n'oubliez pas que les Bretons et les Irlandais ont la même origine). Se sont en effet des motifs crochetés autour d'un ''fil à roti'' et assemblés par des chaînettes à picots. Elle possède les motifs de base suivant : La chaîne, le rouet, la rose, l'éolienne. Pour toutes bordures décoratives : Les clochettes, les huits. Certaines dentelles sont un assemblage de différents motifs, reliés par des picots, puis elles sont incrustées dans une toile de lin. Dans le pays Vannetais les châles traditionels sont également faits en dentelle Irlandaise.
Pita, dentelle
Cette dentelles des Açores est faite aux aiguilles à tricoter avec un fil unique. Ce travail qui ne semble pas s'associer aux dentelles par la technique n'en est une que par le résultat diaphane, presque aussi fragile qu'une toile d'araignée. La plupart des pièces de ce genre datent du début du 19e siècle.
Point appliqué
Des motifs faits séparément aux fuseaux sont appliqués sur une gaze faite à la machine. Cette technique permettait de sauver du temps et ainsi de créer des pièces moins dispendieuses pour ceux et celles qui ne pouvaient se permettre une dentelle sur fond aux fuseaux.
Point Branscomb
Cette dentelle en lacets est de type Battenberg. Elle est travaillée avec un nombre limité de fuseaux (12 ou 24). C'est une dentelle assez récente, en ce point que les lacets sont espacés et que les vides ainsi créés sont remplis de points divers. Les dentelles en lacets plus anciennes (comme la Talaverana d'Espagne) comportent des lacets très serrés, qui empêche la création de vides à remplir. Cette dentelle est appelée "mi-main" parce que le lacet qui la constitue est mécanique et l'assemblage est fait à la main.
Point d'Alençon
Cette dentelle à l'aiguille a été créée par Madame Gilbert, qui connaissait déjà le Point de Venise, sous la tutelle de Colbert, ministre de la cour de Louis XIV, en France. Lorsque vers 1730, les dentelles furent classées en catégories hiver et été, la dentelle d'Alençon fut reconnue comme dentelle d'hiver car elle était plus épaisse et plus lourde que la Mechlin ou le Point d'Angleterre, dentelles d'été. Le Point d'Alençon est fait de petites pièces réunies par la suite par un point nommé ''assemblage''. Sur les exemples de dentelle les plus anciens, du cordonnet fait de poils de cheval blanchis étaient utilisés pour donner plus de corps. Vers 1700, cette dentelle était connue comme ''Point de France'' et était jointe par des ''brides picotées''. Le fond était en 'réseau ordinaire' vers cette même période, c'est-à-dire que le fil est ramené après la fin de chaque rang, puis à partir de 1730 le "petit réseau" le remplaça.
Point d'Angleterre
Cette dentelle Belge, qui représente des fleurs, des gens, des animaux et même parfois des scènes bibliques, date de la fin du 17e siècle. C'est une dentelle qui n'est pas en continu et des fils courent sur l'endos. Elle n'a pas de cordonnet de soie mais les bords des motifs étaient en relief pour les détails intérieurs, comme les séparations de feuilles ou de pétales, un détail qui la différencie des dentelles Mechlin et des autres dentelles Belges. Le fond est fait d'un filet de Bruxelles (Brussels reseau) et occasionnellement avec des remplissages à l'aiguille. Son nom de ''Point d'Angleterre'' vient de l'interdit du roi Charles II contre l'importation de dentelles étrangères pour promouvoir l'art local. En changeant son nom, elle passa facilement à la douane.
Point d'Arenys
Ce type de dentelle Blonde aux fuseaux est originaire de Arenys de Mar, en Espagne. C'est une dentelle délicate, faite de lin ou de coton blanc, jamais de soie, et utilisée dès le 15e siècle pour orner les ornements religieux. Un motif courant est le médaillon rempli de point filigrane. Le fond est en tulle et les motifs sont soulignés d'un cordonnet de fils plus épais. Cette dentelle sert aussi à faire des insertions et des appliqués pour les châles, mantilles, la literie, le linge de table et pour faire des bordures.
Point de Barcelone
Cette nouvelle dentelle aux fuseaux espagnole fut développée dans la première moitié du 20e siècle à Barcelone. C'est une dentelle en lacets qui combine le travail à l'aiguille et aux fuseaux. Elle sert principalement à créer de larges pièces (2,000 heures), où les motifs faits aux fuseaux par différentes dentellières sont ensuite assemblés à l'aiguille. Les motifs sont inspirés de structures architecturales prises aux cathédrales, comme les croix, les cloches, les arches, les emblèmes et les motifs en fer forgé.
Point de Catalogne
Cette dentelle espagnole vient de Catalogne et se travaille en lacets, avec un nombre limité de fuseaux (12 ou 24). Elle est très légère quoique d'apparence plutôt opaque, car le filet est serré entre les lacets. Ceux-ci sont soit en continu ou non et les fils sont en fin coton blanc. Les courbes sont tracées en parallèle avec le respect d'un axe vertical entre elles. Les lacets ne se chevauchent jamais et ne forment pas la bordure extérieure.
Point d'Espagne
Similaire au ''Point de France'', l'appellation ''Point d'Espagne'' ne réfère qu'aux dentelles de fils d'or ou d'argent.
Point de Flandres
Développée à Bruxelles vers le milieu du 19e siècle à partir des dentelles aux fuseaux déjà existantes, pour accélérer la production, elle est de facture plus grossière (plus gros fil et plus grand format) mais sa blancheur et la grâce des ces motifs rythmés en font une des plus belles dentelles sur carreau. Les motifs consistent en feuilles, fleurs et rouleaux. Le dessin est formé en sections et liés ensemble par des ''coutures'' ou des ''barrettes'' pendant le travail, et non par après comme pour la dentelle Honiton. Des voiles de mariées de cette dentelle consituent des pièces de collection ou d'héritage familial.
Point de France
Développée à Alençon, France, puis en Normandie à partir de 1665, le roi Louis XIV donna à cette superbe dentelle à l'aiguille le nom de ''Point de France'', et elle fut adoptée par toute la cour française, non seulement pour les vêtements mais aussi pour orner les serviettes et les nappes. Les motifs sont relativement petits, avec seulement un mince cordonnet. Le détail prédominant de cette dentelle est le fond en brides picotées arrangées en une série d'hexagones.
Point de gaze
Cette dentelle, qui nous vient de Bruxelles, utilise les mêmes points que la ''Gros point de Venise'' mais elle est beaucoup plus délicate et diaphane. Elle fut l'une des plus dispendieuse et des plus recherchée du 19e siècle et la plupart étaient vraiment faites en Belgique. De petites insertions, appelées ''point de rose'' étaient fréquemment combinées avec la dentelle ''Duchesse'' aux fuseaux.
Point de Neige
Dentelle à l'aiguille Vénitienne à motifs en relief, celle ayant réussi à faire les plus petits motifs tout en étant constituée de plusieurs couches délicates, jointes à des brides décoratives prenant de plus en plus d'espace.
Point de Rose
Dentelle à l'aiguille Vénitienne à motifs en relief, avec de plus petites fleurs que la dentelle ''Gros Point''. Son cordonnet est aussi moins soulevé du reste de la dentelle. Même si elles semblent très différentes, plusieurs variantes entre ces deux dentelles (Gros Point et Point de rose) existent également.
Point de Sedan
Dentelle à l'aiguille française ou Belge, dépendant de la source des renseignements), produite à la frontière entre la France et les Flandres, elle ressemble au ''Point de France'' avec un style plus délié et moins symétrique.
Point de Venise
Cette dentelle à l'aiguille fut à son apogée vers la fin du 17e siècle et vut le jour à Venise, en Italie. Elle comporte un relief notable travaillé sur des fils plus épais et les motifs en sont pas répétitifs.
Point de Venise à Réseau
Dentelle à l'aiguille Vénitienne à motifs plats, avec une fine texture et un motif élaboré de lis stylisés, remplis d'une multitude d'ornements.
Point Plat
Dentelle à l'aiguille Vénitienne à motifs plats, utilisée surtout pour border les tabliers de lin. Les motifs sont très rapprochés, avec un dessin à festons similaire à celui des dentelles Vénitiennes à motifs en relief, mais les fleurs, plutôt que d'être matelassées, sont remplies de plusieurs motifs plats différents.
Point Roumain
Elle a été développée au 14e siècle à partir de points de broderie qui servaient à réunir des bandes de tissus tissés au métier pour faire le linge de table et sa forme actuelle date du 19e siècle. Cette dentelle à l'aiguille, qui ressemble à la dentelle Battenburg, se forme de lacets faits au crochet et réunis pour former des motifs. Les pleins de ces motifs sont ensuite remplis de points de broderie tels que point de grébiche, point de cordage, point couché et anneaux avec picots. C'est une dentelle décorative et rigide, parfaite pour les napperons ou pour garnir les coussins.
Porto Rico, dentelles de
Les dentelles firent leur apparition à Porto Rico avec l'arrivée des colons européens du 16e siècle. Les techniques utilisées sont celles qui leur ont été apprises par les religieuses et l'exportation vers l'Europe est encore si grande que bien des dentelles aux fuseaux européennes vendues aux touristes proviennent de cette île. Les motifs locaux sont des fleurs stylisées et des oiseaux. Les carreaux et fuseaux sont indigènes mais les fils sont importés.
Princesse, dentelle
C'est une dentelle aux lacets qui se différencie de la dentelle Battenberg en ceci que les lacets sont formés pour suivre les motifs. C'est une dentelle simple à huit lacets de coton qui, au départ, devait être une copie moins compliquée de la dentelle Duchesse. C'est plus un assemblage de dentelle qu'une création de dentelle, qui sert à enjoliver les vêtements et le linge de maison. Cette technique peut créer de belles textures visuelles. Cette dentelle est appelée ''mi-main'' parce que le lacet qui la constitue est mécanique et l'assemblage est fait à la main.
Puncetto, dentelle
Originaire d'Italie, ''puncetto'' signifie ''point''. Cette dentelle est formée de rangs de noeuds faits à l'aiguille, de gauche à droite puis de droite à gauche au rang suivant. Elle s'exécute en bordure d'un tissu ou sur un fil de support tendu. Sur le tissu, elle se travaille sur l'endroit.
Punto in Aria, dentelle
Cette dentelle à l'aiguille italienne des 16e et 17e siècles était utilisée principalement pour les bordures, bien qu'elle ne soit pas jointe au tissu qu'elle décorait pendant sa fabrication. Les bords libres étaient plus ou moins pointus, comme on peut encore le voir sur les portraits d'époque, aux manches et au col.
Puy-en-Velay, dentelle du
La dentelle du Puy a été créé au tout début du 15ème siècle. Après avoir essayé de nombreux points en broderie, la jeune femme eu l'idée de poser son dessin sur une planchette et d'y piquer des aiguilles afin de maintenir les fils qu'elle croisait. Elle obtint un travail d'une grande finesse. Après s'être bien imposée au XVIIème siècle, la dentelle du Puy connut son apogé au siècle suivant où elle était diffusée dans le monde entier. La révolution française de 1789 lui fut néfaste.
Relancée au 19ème siècle, elle connut encore une certaine prospérité, mais depuis 1870 elle est surtout un attrait touristique estival. Elle est exécutée avec un fil très fin.; travaillée avec ''points d´esprit'', grille, et corde.
Renaissance, dentelle
C'est une dentelle en lacets, très lourde et les motifs sont remplis à l'aiguille. Le travail à la main consiste à coudre le ruban sur le patron en papier puis à remplir les vides en utilisant une variété de points. Les points d'ancrage au papier sont ensuite enlevés et le patron peut servir encore. Cette dentelle se travaille aussi à la machine, et elle est aussi manufacturée de façon industrielle, soit seule ou cousue sur du tissu (satin). Cette dernière application comporte également des perles et des sequins et une bordure nette renforcé d'une bande de coton.
Rosaline Italienne, dentelle
Cette dentelle aux fuseaux unique en son genre vient de la petite ville de Cantu, au nord de Milan, Italie. Elle est formée de boucles et de méandres sinueux. Encore plus reconnaissables sont les bouquets de trois ou cinq pétales avec une alternance de pleins et de vides au bout de vrilles très recourbées.
Point roumain, dentelle
Créée au 18e siècle, cette dentelle, venue de Transylvanie, est un mélange de crochet et de dentelle à l'aiguille et est aussi inspirée de la dentelle Reticelli de la Renaissance italienne (16e siècle). Cette dentelle s'appelle ''lacette'' en Roumanie et au début du 19e siècle, on l'appelait 'macramé' car les fils qui la constitue sont des fils de macramé importés de Turquie. La technique est un lacet au crochet bâti sur un patron en tissu et agrémenté de différents points de broderie et de barrettes.
Russe, dentelle
Cette dentelle tire probablement ses origines de la dentelle italienne. Elle est faite en lacets, avec aussi peu que 6 paires de fuseaux, et le lacet est replié encore et encore, pour finir où il a commencé. Les endroits où les lacets se touchent sont ''cousus'', c'est-à-dire que le fuseau est passé dans le fil à l'aide d'un crochet. Les lacets sont raccordés entre eux, aux fuseaux, au fur et à mesure par des brides ou des points d'esprit. Cette dentelle était utilisée pour les bordures de rideaux, les couvre-lits, les tabliers et les écharpes. Pour les fermiers riches d'avant la révolution, cette dentelle remplaça les dentelles française que seule l'aristocratie pouvait se payer.
Une dentelle 'vrai Russe' se caractérise par son lacet qui commence et termine au même endroit. Une dentelle ''faux Russe'' verra le lacet commencer à un endroit et se terminer à un autre. Ce n'est qu'une technique de travail, et non un 'défaut 'de la dentelle.
Skansk, dentelle
Originaire de la province de Skane, dans le sud de la Suède, cette dentelle est très dense. A l'époque où elle a été créée, les aiguilles coôtaient cher, et étaient utilisées le moins possible, suelement sur les bordures. Cette dentelle demande beaucoup d'expérience car la tension doit être très juste. Les motifs ont des noms spécifiques et étaient transmis par tradition verbale ou par un exemple. Parfois, on ajoute des insertions pour varier la largeur de la dentelle.
Slovénie, dentelle de
Cette dentelle à l'aiguille fait partie de la tradition locale est est reconnue dans le monde entier. Cet art a été importé il y a environ deux cent ans par des familles Tchèques et Allemandes qui travaillaient dans les mines ou leurs quartiers généraux. C'était avant tout un art qui pouvait apporter un support financier dans une région qui ne pouvait subsister de l'agriculture.
Talaverana, dentelle
Cette dentelle espagnole est faite de fil blanc, mais utilise aussi le fil d'or, d'argent ainsi que les fils de couleurs. Elle se travaille sur un court coussin cylindrique mis à l'horizontal, en lacets, avec un nombre limité de fuseaux (12 ou 24). C'est une dentelle très souple et plus géométrique que la 'Cinta Catalana'. Les lacets forment la bordure extérieure et des picots ornent la bordure droite.
Ténériffe, dentelle
Elle nous vient des Iles Canaries, mais elle était déjà populaire en Espagne au 16e siècle. Elle se travaille indépendamment du tissu, sur des fils de soutien tendus en rayons ou en étoile. On la retrouve en plusieurs formes: carrés, ovales, losanges et bordures droites mais la plus fréquente est la circulaire. De nos jours, un tissu quadrillé, de style Vichy, sert habituellement de fond à cette broderie.
Torchon, dentelle
Cette dentelle aux fuseaux est une exception à la règle qui veut que le nom provienne de la ville de création. Cette dentelle française n'était pas tellement appréciée au point de vue de la mode de l'époque, d'où son nom péjoratif.Ce genre de dentelle aux fuseaux à fils continus se compose d'un fond de cordes de deux dont les fils sont tournés une ou plusieurs fois. On y retrouve des grains d'orge, des coquilles, des points d'esprit en carrés ou en feuilles, des toilés ou des grillés. Les fils qui forment le fond sont les mêmes qui créent les motifs. Le carton se fait sur une grille à 45 degrés, qui permet de faire des coins facilement, simplement en tournant le coussin à 90 degrés. C'est l'une des premières dentelles droites aux fuseaux apprises par les novices.
Tulle, dentelle
Dentelle Anglaise à motifs répétitifs, très délicate et sans corps, en fils de coton ou de soie, faite sur un filet presque transparent, avec un réseau de mailles rondes ou hexagonales, pour être fixée sur un tissu de support. Cette dentelle sert principalement pour orner les robes de mariées. Des détails sont souvent ajoutés à l'aiguille dans les motifs pour créer un jeu d'ombres et de lumière et aussi donner du relief à la dentelle.
Tunisienne, dentelle
Aussi appelée ''Point de Chebka'', la dentelle tunisienne est commune à toute la côte de l'Afrique du Nord, avec les mêmes noms pour différents motifs. C'est une dentelle à l'aiguille, faite par les femmes, et vendue au marché par les hommes. Le travail est appris à la maison, d'une génération à l'autre.
Valencienne, dentelle
Cette dentelle aux fuseaux ressemble beaucoup à la dentelle de Binche avec sa texture translucide, mais elle beaucoup plus avancée dans la complexité de ses formes avec des fleurs doucement courbées et des frondes déployées sur un fond de neige.
Vénitienne, dentelle
Cette dentelle aux fuseaux du 17e siècle est maintenant assez rare, autant du point de vue des patrons que des pièces de collection. Elle est constituée de motifs très rapprochés, une imitation de la dentelle à l'aiguille ''Point Plat'', avec une multitude de petits boutons de fleurs.
Villedieu les Poêles, dentelle de
Réalisée aux fuseaux, elle s'est fait une spécialité de trois motifs floraux, le trèfle, la rose et la marguerite. De ces pièces de dentelle réalisées en cheveux servaient de résille à chignons aux élégantes du XIXe siècle.
Youghal, dentelle
Cette dentelle à l'aiguille vit le jour vers 1800 dans un couvent de Youghal, comté de Cork, en Irlande. Basée sur les dentelles ''Point de France'' et ''Point de Paris'' avec son fond en filet, elle est très raffinée même si elle n'a pas le relief de la dentelle vénitienne. Les motifs les plus distinctifs sont les fleurs et les fruits de la région qui inspirèrent les dentellières. La tradition de cette dentelle ne nous vient plus que par les livres, la dernière religieuse dentellière de Youghal étant morte avec ses secrets en 1960.
A propos du répertoire
Les illustrations ne sont qu'à titre d'indication. Une seule et même dentelle peut avoir plusieurs aspects différents, alors que d'autres, très différentes par la technique, se ressemblent beaucoup une fois complétées.
Je n'ai aucun patron de dentelles, et je ne fais pas de recherches.
Je ne fais pas l'identification, ni l'évaluation de vos dentelles. Je n'ai pas la compétence requise pour cela.
Si vous connaissez une sorte de dentelle qui n'est pas dans ma liste, dites-le moi. Je l'incluerai volontier dans la prochaine mise à jour.
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